Production Audio

Kongo, voyage au pays de l’or noir

Série documentaire audio / 4 x 53 min / juin 2012

Kongo, voyage au pays de l’or noirDu nord de l’Angola au sud du Gabon, aux abords très pétrolifères de l’océan Atlantique, ce sont environ 12 millions de personnes qui parlent une même langue, le kikongo. Au fil du temps, ces « Bakongos » ont opposé diverses formes de résistance à l’appropriation de leurs ressources naturelles que voulaient imposer le système colonial portugais (en Angola), belge (en République démocratique du Congo) ou français (au Congo-Brazzaville). Alors que cette appropriation reste aujourd’hui la règle à travers l’exploitation du pétrole dans le golfe de Guinée, cette série est l’histoire des formes de résistance spécifiquement Kongo qui perdurent à travers la mémoire de grandes figures charismatiques et martyres comme Simao Toco, Simon Kimbangu ou André Matsoua.

[Nkisi kongo – photo Benjamin Bibas)]

1er volet : De l’énergie à revendre

Une introduction à la culture kongo au musée Dapper (Paris) et grâce à l’oeuvre du bédéaste Serge Diantantu. Où l’on découvre, par un détour au musée d’histoire de Nantes, que les esclaves Kongos ont fourni la main d’oeuvre et l’énergie nécessaire au grand commerce inéquitable de l’époque : l’exploitation à grande échelle de la canne à sucre dans les Amériques. Et aujourd’hui, où l’Occident va-t-il puiser son énergie ?

2e volet : Angola, le rappel de Simao Toco

En exploitant le pétrole au large des côtes de la République démocratique du Congo et de l’enclave du Cabinda, l’Angola est devenu en 2009 le premier producteur de pétrole en Afrique. Le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), parti au pouvoir à Luanda depuis 1975, revendique seul le mérite de l’indépendance et jouit sans partage de la rente du pétrole. Mais cette hégémonie a longtemps été contestée dans le Nord du pays : par le Front national de libération de l’Angola (FNLA) fondé par Holden Roberto, descendant des souverains de l’ancien royaume Kongo qui tira les premiers coups de feu lors de la guerre d’indépendance en 1961 ; par les adeptes de l’Eglise du prophète kongo Simao Toco qui revendiquent la part spirituelle de la lutte qui mena à l’indépendance ; encore aujourd’hui par les autonomistes de l’enclave de Cabinda.

3e volet : République démocratique du Congo,
l’esprit de Simon Kimbangu

La participation des Bakongos à l’indépendance de la République démocratique du Congo est majeure : elle s’incarne à travers les figures du premier président de la République Joseph Kasa-Vubu (1960-1965) ou du prophète Simon Kimbangu, fondateur d’une Eglise aujourd’hui forte de plusieurs millions d’adeptes. Mais à l’heure où Kinshasa capte l’essentiel des ressources y compris pétrolières produites dans leur région, nombre de Bakongos se sentent plus que jamais colonisés…

4e volet : Congo-Brazzaville, l’élégance d’André Matsoua

La situation politique est bloquée depuis plus d’un siècle au Congo-Brazzaville, où la colonie française a laissé la place à une succession de régimes qui, pour survivre, ont dû faire allégeance à la mainmise économique et militaire du géant pétrolier Elf puis Total. Pour sublimer ce triste tableau politique et « faire en sorte que la vie continue à être », les Congolais se consacrent à la poésie (Sony Labou Tansi), à la création dramatique (Dieudonné Niangouna) ou à la SAPE (Société des Ambianceurs et Personnes Elégantes), pratique revendiquant l’héritage d’André Matsoua et ouvrant d’ailleurs un horizon économique non-négligeable pour le pays.

Cette série doit beaucoup à l’oeuvre de François-Xavier Verschave, à la confiance de Jean Lebrun et à l’amitié d’Emmanuel Chicon.

Une série documentaire audio de Benjamin Bibas et Anna Szmuc

Producteur délégué
Benjamin Bibas

Réalisation
Anna Szmuc

Prise de son
Philippe Etienne

Productrice coordinatrice
Irène Omelianenko

Coproduction
« Sur les docks » (France Culture)
la fabrique documentaire

Diffusions
France Culture, émission « Sur les docks », 25-28 juin et 2-5 juillet 2012